Communication
Écouter, s'exprimer clairement et désamorcer une situation difficile.
La communication est la première compétence d'un soignant : avant de traiter, il faut écouter, comprendre et se faire comprendre. La Partie 2 du concours l'évalue sur des mises en situation très concrètes, une consultation qui commence, un patient énervé aux urgences, une nouvelle difficile à annoncer. À chaque fois, une seule réponse est la plus adaptée. Ce cours te donne la grille de lecture qui permet de la reconnaître à coup sûr.
1Le modèle : une communication centrée sur le patient
La médecine a longtemps fonctionné sur un mode paternaliste : le médecin sait, décide et annonce ; le patient écoute et obéit. Le modèle attendu aujourd'hui, et au concours, est celui de la communication centrée sur le patient : une relation de partenariat où le patient est un interlocuteur actif, dont on sollicite le vécu, les représentations et les attentes.
2L'écoute active et la question ouverte
Écouter n'est pas se taire en attendant de parler. L'écoute active, c'est montrer à l'autre qu'on le suit vraiment : par le regard, par de brèves relances, et surtout en le laissant formuler sa demande avant d'y répondre.
Question ouverte vs question fermée
Une question fermée appelle « oui / non » ou une donnée précise (« Avez-vous mal ? »). Une question ouverte invite à développer (« Qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui ? », « Comment ça va depuis la dernière fois ? »). On ouvre l'entretien avec des questions ouvertes, on précise ensuite avec des questions fermées.
| Ouverture de consultation | Ce qu'elle produit |
|---|---|
| « Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? » | Question ouverte, centrée patient, la meilleure : elle laisse exprimer la vraie demande. |
| « Vous venez pour votre ordonnance, comme d'habitude ? » | Présume le motif, ferme le dialogue avant qu'il commence. |
| « Et alors, votre tension ? » | Enferme d'emblée l'échange sur la maladie, ton désinvolte. |
| « Je vérifie votre dossier et je rédige. » | Réduit le patient à une routine, ne lui donne pas la parole. |
Pourquoi ouvrir avec une question ouverte plutôt que d'annoncer directement le sujet médical ?Réfléchis puis ouvre ▾
3Se faire comprendre : clarté, jargon et vérification
Communiquer, c'est aussi transmettre une information de façon qu'elle soit reçue. Le piège classique du soignant est le jargon : se réfugier derrière des termes techniques donne l'illusion du sérieux mais dresse un mur entre le médecin et le patient.
4Honnêteté et reconnaissance de ses limites
Un futur médecin n'est pas censé tout savoir : il est censé être honnête et fiable. Reconnaître une limite n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une marque de maturité relationnelle, à condition de coupler l'aveu à un engagement.
5Gérer un conflit ou de l'agressivité
Une part importante des questions met en scène de la tension : un patient qui s'impatiente, qui hausse le ton, qui exige. La bonne réponse suit presque toujours le même schéma en trois temps.
| Étape | Ce qu'on fait | Ce qu'on évite |
|---|---|---|
| 1. Reconnaître | Prendre la demande/l'émotion au sérieux, sans la nier. | Nier (« ça ne sert à rien de s'énerver »). |
| 2. Ne pas s'opposer frontalement | Rester calme, ne pas donner d'ordre sec. | « Calmez-vous et attendez votre tour ! » |
| 3. Proposer une action concrète | « Je vais me renseigner sur l'attente, asseyez-vous, je reviens. » | Fuir, accélérer le pas, ignorer. |
6Annoncer une nouvelle difficile
Annoncer un diagnostic lourd est l'un des actes de communication les plus délicats. Les grands principes reconnus (on parle parfois du protocole en six étapes, connu par l'acronyme anglais SPIKES) tiennent en quelques réflexes de bon sens.
| Réflexe | En pratique |
|---|---|
| Un cadre adapté | Un endroit calme, sans être dérangé, en prenant le temps. |
| Partir de ce que sait le patient | « Que vous a-t-on déjà dit ? Que craignez-vous ? » |
| Prévenir, puis annoncer simplement | Une phrase courte, sans jargon, puis un silence. |
| Accueillir l'émotion | Laisser la place aux larmes, ne pas noyer sous les mots. |
| Ne pas laisser sans perspective | Nommer la prochaine étape, l'accompagnement, rester disponible. |
7À qui, où, quand : parler à la bonne personne
Plusieurs questions ne sont pas médicales : elles testent le savoir-vivre relationnel. Un principe revient sans cesse : un reproche ou une critique se dit à la personne concernée, directement et en privé, jamais devant un public, jamais dans son dos auprès de tiers.
8La communication non verbale
Une grande partie du message passe par le non-verbal : posture, regard, ton de la voix, distance, expression du visage. Un « ça va aller » dit les bras croisés, le regard fuyant, ne rassure personne. Cohérence entre le fond et la forme : le corps ne doit pas contredire les mots.
9Méthode : trancher un QCM de communication
Les quatre options d'une question de communication se répartissent presque toujours ainsi : une réaction agressive/frontale, une réaction fuyante/évitante, une réaction fermée ou présomptueuse, et une réaction ouverte/reconnaissante, la bonne. Ta méthode :
- Repère l'émotion et la demande réelle du personnage dans la scène.
- Élimine ce qui nie l'émotion ou fuit (« ça ne sert à rien de… », « je m'accélère le pas »).
- Élimine ce qui affronte / ordonne / humilie (« calmez-vous », confrontation publique).
- Élimine ce qui présume le motif ou noie dans le jargon.
- Garde la réaction qui reconnaît la personne et propose une ouverture ou une action concrète.
- Choisir la réponse « autoritaire » parce qu'elle a l'air ferme et professionnelle.Pourquoi : La fermeté sans respect braque ; le concours valorise l'assertivité, pas l'autorité.Préfère la réponse ferme sur le cadre mais respectueuse de la personne.
- Prendre la réponse la plus « neutre » qui évite le problème.Pourquoi : L'évitement laisse le patient seul avec son émotion ; c'est une fuite déguisée.Choisis la réaction qui reconnaît l'émotion et engage une action.
- Se dire qu'un vrai médecin doit rester technique et distant.Pourquoi : Le jargon et la distance coupent la communication, ils ne la crédibilisent pas.Adapte ton langage et montre de la proximité, c'est ça, le professionnalisme relationnel.
Un patient inquiet vous dit : « Docteur, j'ai lu sur internet que mes symptômes, c'est sûrement une tumeur. » Quelle réaction est la plus adaptée ?Intermédiaire
La meilleure réaction reconnaît l'inquiétude d'abord, puis propose une démarche : « Je comprends que ça vous inquiète beaucoup. Reprenons ensemble vos symptômes, et je vous explique ce qu'on va vérifier. » On ne balaie pas la peur (« mais non, internet raconte n'importe quoi »), on ne la confirme pas non plus sans examen, et on ne se réfugie pas dans le jargon. Reconnaître → ouvrir → proposer une action : le schéma gagnant.
- Communication centrée patient : donner la parole, reconnaître le vécu, décider avec, jamais présumer, ordonner ou fuir.
- Ouvrir avec une question ouverte ; préciser ensuite avec des questions fermées.
- Se faire comprendre : bannir le jargon, adapter son langage, faire reformuler le patient.
- Honnêteté engagée : « je ne sais pas, je vais m'informer » vaut mieux que le faux réconfort ou l'esquive.
- Désamorcer un conflit : reconnaître → ne pas braquer → proposer une action concrète.
- Une critique se dit à la personne concernée, directement et en privé, jamais en public ni dans son dos.
- Dans un QCM : élimine l'agressif, le fuyant et le présomptueux ; garde l'ouvert qui reconnaît l'autre.
Questions fréquentes
Comment se déroule la Partie 2 du concours de médecine en Belgique ?
La Partie 2 est l'épreuve de l'après-midi du concours d'entrée (examen d'entrée ARES). Elle n'évalue pas des connaissances mais des compétences transversales : communication, empathie, éthique et raisonnement. Ce sont des QCM (une seule bonne réponse sur quatre), avec la cotation officielle +1 par bonne réponse, −1/3 par erreur et 0 par abstention.
Quelle est la meilleure façon d'ouvrir une consultation ?
Par une question ouverte, centrée sur le patient, qui ne présume pas du motif : « Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? ». Elle laisse le patient exprimer sa vraie demande. On précise ensuite avec des questions fermées.
Comment réagir face à un patient agressif au concours ?
En trois temps : reconnaître la demande ou l'émotion sans la nier, ne pas s'opposer frontalement, puis proposer une action concrète (« je vais me renseigner, asseyez-vous, je reviens »). On désamorce par la reconnaissance et l'action, jamais par l'ordre sec ni par la fuite.
Faut-il utiliser un vocabulaire médical avec le patient ?
Non. Rester très technique dresse un mur de jargon et coupe la communication : c'est presque toujours une mauvaise réponse. On adapte son langage au patient et on vérifie sa compréhension en lui faisant reformuler.
