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Compétences transversales (Partie 2)
Partie 2 · Compétences transversales
Gratuit

Communication

Écouter, s'exprimer clairement et désamorcer une situation difficile.

La communication est la première compétence d'un soignant : avant de traiter, il faut écouter, comprendre et se faire comprendre. La Partie 2 du concours l'évalue sur des mises en situation très concrètes, une consultation qui commence, un patient énervé aux urgences, une nouvelle difficile à annoncer. À chaque fois, une seule réponse est la plus adaptée. Ce cours te donne la grille de lecture qui permet de la reconnaître à coup sûr.

Ce que teste réellement l'épreuve
Il ne s'agit pas de connaissances médicales, mais d'attitude relationnelle. Les questions décrivent une scène (au cabinet, à l'hôpital, dans la vie courante) et proposent quatre réactions. On te demande la réaction d'un futur médecin : celle qui respecte la personne, ouvre le dialogue et résout la situation, jamais celle qui fuit, qui juge ou qui écrase.

1Le modèle : une communication centrée sur le patient

La médecine a longtemps fonctionné sur un mode paternaliste : le médecin sait, décide et annonce ; le patient écoute et obéit. Le modèle attendu aujourd'hui, et au concours, est celui de la communication centrée sur le patient : une relation de partenariat où le patient est un interlocuteur actif, dont on sollicite le vécu, les représentations et les attentes.

Modèle paternaliste (à éviter)
« Voilà ce que vous avez, voilà ce qu'on fait. » Le médecin monopolise la parole, présume du motif, impose sa décision. Le patient se sent objet de soins, pas acteur.
Modèle centré patient (attendu)
« Qu'est-ce qui vous amène ? Comment vivez-vous cela ? » Le médecin invite, écoute, reformule, puis décide avec le patient. Le patient se sent entendu et impliqué.
La boussole des QCM
Face à quatre réactions, choisis presque toujours celle qui donne la parole au patient et reconnaît ce qu'il vit, plutôt que celle qui conclut, ordonne ou esquive. C'est le fil rouge de toute la Partie 2.

2L'écoute active et la question ouverte

Écouter n'est pas se taire en attendant de parler. L'écoute active, c'est montrer à l'autre qu'on le suit vraiment : par le regard, par de brèves relances, et surtout en le laissant formuler sa demande avant d'y répondre.

Question ouverte vs question fermée

Une question fermée appelle « oui / non » ou une donnée précise (« Avez-vous mal ? »). Une question ouverte invite à développer (« Qu'est-ce qui vous amène aujourd'hui ? », « Comment ça va depuis la dernière fois ? »). On ouvre l'entretien avec des questions ouvertes, on précise ensuite avec des questions fermées.

Ouverture de consultationCe qu'elle produit
« Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? »Question ouverte, centrée patient, la meilleure : elle laisse exprimer la vraie demande.
« Vous venez pour votre ordonnance, comme d'habitude ? »Présume le motif, ferme le dialogue avant qu'il commence.
« Et alors, votre tension ? »Enferme d'emblée l'échange sur la maladie, ton désinvolte.
« Je vérifie votre dossier et je rédige. »Réduit le patient à une routine, ne lui donne pas la parole.
Inspiré d'une question réelle de l'épreuve : la « meilleure phrase d'ouverture » est la question ouverte qui ne présume rien.
Les outils de l'écoute active
Reformuler (« Si je comprends bien, vous… ») pour vérifier et montrer qu'on a entendu ; relancer (« Dites-m'en plus ») pour approfondir ; faire des silencesqui laissent la place ; nommer l'émotion perçue (« Ça a l'air de vous inquiéter »).
Pourquoi ouvrir avec une question ouverte plutôt que d'annoncer directement le sujet médical ?Réfléchis puis ouvre ▾
Parce que le motif affiché n'est pas toujours le vrai motif. Un patient qui « vient pour une ordonnance » peut en réalité vouloir parler d'une angoisse, d'un symptôme qu'il n'ose pas dire, d'un problème familial. La question ouverte laisse émerger la demande réelle ; la question fermée ou l'annonce directe la referment. C'est aussi une marque de respect : on considère le patient comme une personne, pas comme un dossier.

3Se faire comprendre : clarté, jargon et vérification

Communiquer, c'est aussi transmettre une information de façon qu'elle soit reçue. Le piège classique du soignant est le jargon : se réfugier derrière des termes techniques donne l'illusion du sérieux mais dresse un mur entre le médecin et le patient.

Le mur du jargon
« Vous présentez une dyspnée d'effort avec probable composante restrictive. » Le patient hoche la tête sans comprendre, n'ose pas demander, et repart perdu. Rester « très technique » est presque toujours une mauvaise réponse au concours.
Le langage adapté
« Vous êtes essoufflé quand vous faites un effort. On va chercher pourquoi vos poumons se remplissent moins bien. » Même contenu, formulé pour être compris. On adapte le niveau de langue à l'interlocuteur.
Vérifier la compréhension : la reformulation par le patient
Après une explication importante, on ne demande pas « Vous avez compris ? » (à quoi tout le monde répond « oui »). On invite le patient à reformuler : « Pour être sûr d'avoir été clair, pouvez-vous me redire ce que vous allez faire ? » C'est la seule façon de savoir si le message est passé.
Pour le futur médecin
Un patient qui comprend son traitement le suit mieux : l'observance thérapeutique dépend directement de la qualité de l'explication. Bien communiquer n'est pas un supplément d'âme, c'est une condition du soin.

4Honnêteté et reconnaissance de ses limites

Un futur médecin n'est pas censé tout savoir : il est censé être honnête et fiable. Reconnaître une limite n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une marque de maturité relationnelle, à condition de coupler l'aveu à un engagement.

Un cas réel de l'épreuve
Devant une situation complexe, le signe d'une bonne « intelligence relationnelle » est de savoir dire « je ne sais pas, je vais m'informer ». Ce n'est ni « on ne dit rien ou on dit tout » (tout-ou-rien), ni « ce n'est pas de ma spécialité » (on se débarrasse du patient), ni le repli dans le langage technique. L'honnêteté engagée gagne.
Le faux réconfort, autre forme de malhonnêteté
Promettre « ne vous inquiétez pas, tout ira bien » quand on n'en sait rien trahit la confiance. On peut rassurer sur l'accompagnement (« on va s'en occuper ensemble, étape par étape ») sans mentir sur le pronostic.

5Gérer un conflit ou de l'agressivité

Une part importante des questions met en scène de la tension : un patient qui s'impatiente, qui hausse le ton, qui exige. La bonne réponse suit presque toujours le même schéma en trois temps.

ÉtapeCe qu'on faitCe qu'on évite
1. ReconnaîtrePrendre la demande/l'émotion au sérieux, sans la nier.Nier (« ça ne sert à rien de s'énerver »).
2. Ne pas s'opposer frontalementRester calme, ne pas donner d'ordre sec.« Calmez-vous et attendez votre tour ! »
3. Proposer une action concrète« Je vais me renseigner sur l'attente, asseyez-vous, je reviens. »Fuir, accélérer le pas, ignorer.
Le triptyque anti-conflit : reconnaître → ne pas braquer → agir. On désamorce par la reconnaissance et une action, jamais par l'ordre ni par l'évitement.
Les urgences bondées
Un patient au bras en écharpe remonte la file et exige d'être vu tout de suite. La meilleure réaction : « Je vais me renseigner sur la raison de l'attente ; asseyez-vous, je reviens vers vous. »On prend la demande au sérieux et on propose une action, ce qui fait retomber la colère. Lui ordonner d'attendre « comme tout le monde » le braque ; lui dire « je n'y peux rien » nie son émotion ; accélérer le pas est une fuite.
Ni hérisson, ni paillasson
Les deux erreurs symétriques sont l'agressivité (on affronte, on ordonne) et la fuite (on évite, on se tait, on « ne se mêle pas »). La bonne posture est l'assertivité : ferme sur le cadre, respectueuse de la personne.

6Annoncer une nouvelle difficile

Annoncer un diagnostic lourd est l'un des actes de communication les plus délicats. Les grands principes reconnus (on parle parfois du protocole en six étapes, connu par l'acronyme anglais SPIKES) tiennent en quelques réflexes de bon sens.

RéflexeEn pratique
Un cadre adaptéUn endroit calme, sans être dérangé, en prenant le temps.
Partir de ce que sait le patient« Que vous a-t-on déjà dit ? Que craignez-vous ? »
Prévenir, puis annoncer simplementUne phrase courte, sans jargon, puis un silence.
Accueillir l'émotionLaisser la place aux larmes, ne pas noyer sous les mots.
Ne pas laisser sans perspectiveNommer la prochaine étape, l'accompagnement, rester disponible.
On informe avec tact et honnêteté, au rythme du patient, ni brutalité, ni dissimulation.
Les deux extrêmes à fuir
La brutalité (« C'est un cancer, on opère jeudi ») et la fuite dans le mensonge (« ce n'est rien du tout ») sont toutes deux de mauvaises réponses. On dit la vérité, mais avec humanité et progressivité.

7À qui, où, quand : parler à la bonne personne

Plusieurs questions ne sont pas médicales : elles testent le savoir-vivre relationnel. Un principe revient sans cesse : un reproche ou une critique se dit à la personne concernée, directement et en privé, jamais devant un public, jamais dans son dos auprès de tiers.

Le mensonge au dîner
Quelqu'un surprend un proche en train d'enjoliver un voyage qu'il n'a pas fait, devant des invités. La réaction adaptée : attendre la fin du repas et lui en parler en tête-à-tête. Le confronter publiquement l'humilie ; en parler ensuite aux invités revient à le critiquer dans son dos ; le fixer en silence est une agressivité passive stérile.
La règle en une phrase
On s'adresse directement à la personne concernée, en privé, au bon moment, ni devant témoins, ni par personnes interposées.

8La communication non verbale

Une grande partie du message passe par le non-verbal : posture, regard, ton de la voix, distance, expression du visage. Un « ça va aller » dit les bras croisés, le regard fuyant, ne rassure personne. Cohérence entre le fond et la forme : le corps ne doit pas contredire les mots.

Signaux d'ouverture
Regard présent (sans fixer), posture tournée vers l'autre, hochements, ton posé, distance respectueuse mais non distante. On se met à hauteur du patient (s'asseoir près d'un lit plutôt que dominer debout).
Signaux de fermeture
Regarder son écran ou sa montre, couper la parole, soupirer, rester en retrait, ton pressé. Le patient décode aussitôt : « il n'a pas de temps pour moi. »

9Méthode : trancher un QCM de communication

Les quatre options d'une question de communication se répartissent presque toujours ainsi : une réaction agressive/frontale, une réaction fuyante/évitante, une réaction fermée ou présomptueuse, et une réaction ouverte/reconnaissante, la bonne. Ta méthode :

  1. Repère l'émotion et la demande réelle du personnage dans la scène.
  2. Élimine ce qui nie l'émotion ou fuit (« ça ne sert à rien de… », « je m'accélère le pas »).
  3. Élimine ce qui affronte / ordonne / humilie (« calmez-vous », confrontation publique).
  4. Élimine ce qui présume le motif ou noie dans le jargon.
  5. Garde la réaction qui reconnaît la personne et propose une ouverture ou une action concrète.
Les erreurs qui coûtent des points
  • Choisir la réponse « autoritaire » parce qu'elle a l'air ferme et professionnelle.
    Pourquoi : La fermeté sans respect braque ; le concours valorise l'assertivité, pas l'autorité.
    Préfère la réponse ferme sur le cadre mais respectueuse de la personne.
  • Prendre la réponse la plus « neutre » qui évite le problème.
    Pourquoi : L'évitement laisse le patient seul avec son émotion ; c'est une fuite déguisée.
    Choisis la réaction qui reconnaît l'émotion et engage une action.
  • Se dire qu'un vrai médecin doit rester technique et distant.
    Pourquoi : Le jargon et la distance coupent la communication, ils ne la crédibilisent pas.
    Adapte ton langage et montre de la proximité, c'est ça, le professionnalisme relationnel.
Un patient inquiet vous dit : « Docteur, j'ai lu sur internet que mes symptômes, c'est sûrement une tumeur. » Quelle réaction est la plus adaptée ?Intermédiaire
Solution détaillée

La meilleure réaction reconnaît l'inquiétude d'abord, puis propose une démarche : « Je comprends que ça vous inquiète beaucoup. Reprenons ensemble vos symptômes, et je vous explique ce qu'on va vérifier. » On ne balaie pas la peur (« mais non, internet raconte n'importe quoi »), on ne la confirme pas non plus sans examen, et on ne se réfugie pas dans le jargon. Reconnaître → ouvrir → proposer une action : le schéma gagnant.

Points clés à retenir
  • Communication centrée patient : donner la parole, reconnaître le vécu, décider avec, jamais présumer, ordonner ou fuir.
  • Ouvrir avec une question ouverte ; préciser ensuite avec des questions fermées.
  • Se faire comprendre : bannir le jargon, adapter son langage, faire reformuler le patient.
  • Honnêteté engagée : « je ne sais pas, je vais m'informer » vaut mieux que le faux réconfort ou l'esquive.
  • Désamorcer un conflit : reconnaître → ne pas braquer → proposer une action concrète.
  • Une critique se dit à la personne concernée, directement et en privé, jamais en public ni dans son dos.
  • Dans un QCM : élimine l'agressif, le fuyant et le présomptueux ; garde l'ouvert qui reconnaît l'autre.

Questions fréquentes

Comment se déroule la Partie 2 du concours de médecine en Belgique ?

La Partie 2 est l'épreuve de l'après-midi du concours d'entrée (examen d'entrée ARES). Elle n'évalue pas des connaissances mais des compétences transversales : communication, empathie, éthique et raisonnement. Ce sont des QCM (une seule bonne réponse sur quatre), avec la cotation officielle +1 par bonne réponse, −1/3 par erreur et 0 par abstention.

Quelle est la meilleure façon d'ouvrir une consultation ?

Par une question ouverte, centrée sur le patient, qui ne présume pas du motif : « Que puis-je faire pour vous aujourd'hui ? ». Elle laisse le patient exprimer sa vraie demande. On précise ensuite avec des questions fermées.

Comment réagir face à un patient agressif au concours ?

En trois temps : reconnaître la demande ou l'émotion sans la nier, ne pas s'opposer frontalement, puis proposer une action concrète (« je vais me renseigner, asseyez-vous, je reviens »). On désamorce par la reconnaissance et l'action, jamais par l'ordre sec ni par la fuite.

Faut-il utiliser un vocabulaire médical avec le patient ?

Non. Rester très technique dresse un mur de jargon et coupe la communication : c'est presque toujours une mauvaise réponse. On adapte son langage au patient et on vérifie sa compréhension en lui faisant reformuler.

Entraîne-toi sur les vraies annales

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