Aller au contenu
PrépaMed BelgiquePrépaMed
Compétences transversales (Partie 2)
Partie 2 · Compétences transversales
Gratuit

Raisonnement et analyse

Lire un document, tenir une logique et démonter un argument.

L'épreuve de raisonnement et analyse ne teste aucune connaissance à apprendre : elle mesure ta capacité à lire un document, tenir une logique et démonter un argument. C'est de la rigueur pure. Un texte, un graphique ou un tableau te sont donnés ; les questions vérifient que tu en tires exactement ce qu'ils disent, ni plus, ni moins. Ce cours te donne les réflexes qui évitent les pièges les plus courants.

La règle d'or de l'analyse
Réponds uniquement avec ce qui est dans le document. La plupart des mauvaises réponses sont des affirmations « vraies dans la vie » mais que le texte ne dit pas, ou qui vont plus loin que ce qu'il prouve. On ne surinterprète jamais.

1Lire un texte : fait, opinion, ce qui est dit

Analyser un texte, c'est distinguer ce qu'il affirme réellement de ce qu'on croit comprendre. Trois distinctions sauvent des points :

DistinctionQuestion à se poser
Fait vs opinionEst-ce une donnée vérifiable, ou un jugement de l'auteur ?
Dit vs sous-entenduLe texte l'affirme-t-il, ou est-ce moi qui le déduis ?
Certain vs probableLe texte prouve-t-il, ou suggère-t-il seulement ?
La méthode en 3 gestes
1) Lis la question avant de te replonger dans le texte, pour savoir ce que tu cherches. 2) Reviens au passage exact qui traite du point. 3) Vérifie chaque option mot à mot contre le texte : un seul mot faux (« toujours », « tous », « donc ») suffit à la disqualifier.
Attention aux quantificateurs
« Tous », « aucun », « toujours », « jamais » sont des affirmations fortes : une seule exception les rend fausses. « Certains », « parfois », « souvent » sont prudents. Le concours glisse volontiers un « tous » là où le texte ne dit que « certains ».

2Lire un graphique ou un tableau

Un document chiffré (courbe, histogramme, camembert, tableau) se lit méthodiquement. La précipitation est l'ennemie : on commence toujours par le cadre avant les valeurs.

À vérifier d'abordPourquoi
Le titre et la légendeDe quoi parle le document, quelle est chaque courbe/part ?
Les axes et leurs unités% ou effectif ? milliers ? échelle qui commence à zéro ou non ?
L'échelleUne échelle tronquée exagère visuellement une différence.
La période / populationSur quoi porte la donnée : quand, chez qui ?
Lire le cadre avant les chiffres évite 80 % des erreurs d'interprétation.
Pourcentage n'est pas effectif
Une part de 60 % peut représenter moins de personnes qu'une part de 40 % si les totaux diffèrent. « La proportion augmente » n'implique pas « le nombre augmente », et inversement. Regarde toujours si l'axe est en % ou en effectif.
Le piège de l'échelle tronquée
Un graphique où l'axe vertical va de 98 à 100 fait paraître énorme un écart de 1 %. Sur un axe partant de 0, le même écart serait invisible. La forme visuelle peut mentir ; seules les valeurs comptent.

3Logique : nécessaire, suffisant, contraposée

Beaucoup de questions reposent sur une implication « si alors ». Trois erreurs classiques guettent, et le concours les tend systématiquement.

« Si A, alors B » : A suffit pour avoir B ; B est nécessaire à A.
ÉnoncéNomValide ?
Si A alors B ; or A est vrai ⇒ B est vraiModus ponens✔ Valide
Si A alors B ; or B est faux ⇒ A est fauxContraposée (modus tollens)✔ Valide
Si A alors B ; or B est vrai ⇒ A est vraiRéciproque✘ Faux (erreur fréquente)
Si A alors B ; or A est faux ⇒ B est fauxNégation de l'antécédent✘ Faux
Seuls le modus ponens et la contraposée sont valides. Confondre une implication avec sa réciproque est LE piège logique du concours.
Nécessaire vs suffisant, l'exemple qui reste
« Pour être médecin, il faut avoir réussi le concours. » Réussir le concours est nécessaire(sans lui, pas de médecine) mais pas suffisant (il reste toutes les études). Inverser les deux, croire que réussir le concours suffit à être médecin, est une faute de raisonnement.
« Tous les chats sont des mammifères. » Un animal est un mammifère : est-ce un chat ?Réfléchis puis ouvre ▾
Non, rien ne le prouve. On a chat mammifère, mais pas l'inverse : un chien est un mammifère sans être un chat. Conclure « mammifère donc chat » est l'erreur de la réciproque. En revanche, la contraposée est valide : « ce n'est pas un mammifère, donc ce n'est pas un chat. »

4Analyser un argument et repérer les sophismes

Un argument relie des prémisses (les raisons données) à une conclusion. Analyser un argument, c'est vérifier si les prémisses soutiennent vraiment la conclusion. Un sophisme est un raisonnement qui paraît convaincant mais qui est logiquement fautif.

SophismeEn quoi ça consisteExemple
Corrélation ≠ causalitéDeux choses varient ensemble ⇒ on conclut à tort que l'une cause l'autre.« Les ventes de glaces et les noyades augmentent ensemble ⇒ les glaces causent les noyades. » (C'est l'été.)
Généralisation hâtiveConclure sur tout à partir de quelques cas.« Deux fumeurs centenaires ⇒ fumer n'est pas dangereux. »
Homme de pailleDéformer la thèse adverse pour la réfuter plus facilement.« Tu veux réguler la voiture ? Donc tu veux interdire de se déplacer. »
Appel à l'autorité / à la majorité« C'est vrai parce qu'une figure connue / tout le monde le dit. »« Des millions de gens le croient, donc c'est vrai. »
Faux dilemmeRéduire à deux options alors qu'il en existe d'autres.« Soit on fait ceci, soit c'est la catastrophe. »
Attaque personnelle (ad hominem)Viser la personne plutôt que son argument.« Ton avis ne compte pas, tu es trop jeune. »
Le roi des pièges : corrélation ≠ causalité
Que deux phénomènes évoluent ensemble ne prouve pas que l'un cause l'autre : il peut y avoir une cause commune (l'été, plus haut), une coïncidence, ou une causalité inverse. Dès qu'une option saute de « associé à » à « cause de », méfie-toi.
Pour le futur médecin
Ce réflexe est vital en médecine : distinguer corrélation et causalité est le cœur de la lecture d'une étude. Un facteur « associé » à une maladie n'en est pas forcément la cause, c'est tout l'enjeu des essais et de l'esprit critique du soignant.

5Raisonnement quantitatif sans calculatrice

La calculatrice est interdite. Certaines questions demandent un calcul rapide (pourcentage, proportion, ordre de grandeur). L'objectif n'est pas la précision au centième, mais la bonne méthode et le bon ordre de grandeur.

Pourcentages utiles
= diviser par 10 ; = diviser par 100 ; = la moitié de ; = un cinquième. On combine : .
Ordre de grandeur
Arrondir d'abord, calculer ensuite : . La bonne réponse est celle qui tombe dans le bon ordre de grandeur.
La règle de trois, ton meilleur outil
La plupart des questions de proportion se résolvent par une simple règle de trois. « 3 comprimés coûtent , combien pour 5 ? » ⇒ par comprimé, puis . Poser la proportion clairement évite les erreurs.
Attention aux hausses/baisses successives
Une hausse de suivie d'une baisse de ne ramène pas au point de départ : . Les pourcentages ne s'additionnent pas, ils se multiplient ().
Dans une classe de 40 élèves, 30 % portent des lunettes. Combien d'élèves n'en portent pas ?Facile
Solution détaillée

de portent des lunettes, donc n'en portent pas. Piège : la question demande ceux qui n'en portent pas (28), pas ceux qui en portent (12). Toujours vérifier ce qui est réellement demandé.

6Méthode : trancher un QCM de raisonnement

La discipline vaut mieux que l'intuition. Ta procédure face à un document et ses options :

  1. Lis la question avant de fouiller le document ; sache ce que tu cherches.
  2. Vérifie chaque option uniquement contre le document, mot à mot.
  3. Traque les mots forts (tous, toujours, donc, cause) : ils rendent une option facilement fausse.
  4. Méfie-toi de ce qui est « vrai dans la vie » mais absent du texte : c'est un distracteur.
  5. Sur le barème : si tu peux éliminer 2 options, réponds ; si tu n'élimines rien, l'abstention (0) vaut mieux qu'un .
Les erreurs qui coûtent des points
  • Répondre avec ses connaissances personnelles plutôt qu'avec le document.
    Pourquoi : L'épreuve teste l'analyse du document fourni, pas la culture générale.
    Ne retiens que ce que le texte/graphe affirme réellement.
  • Confondre une implication avec sa réciproque (« B est vrai donc A »).
    Pourquoi : Seuls le modus ponens et la contraposée sont valides.
    Vérifie le sens de la flèche ; pense à la contraposée, pas à la réciproque.
  • Voir une causalité dans une simple corrélation.
    Pourquoi : Deux choses associées peuvent avoir une cause commune ou n'être liées que par hasard.
    Exige une preuve de causalité ; sinon, reste sur « associé à ».
Points clés à retenir
  • Règle d'or : répondre uniquement avec ce que dit le document, sans surinterpréter.
  • Traque les quantificateurs (tous/aucun/toujours) : une exception suffit à rendre l'affirmation fausse.
  • Graphiques : lire titre, axes, unités et échelle avant les valeurs ; % n'est pas effectif.
  • Logique : modus ponens et contraposée sont valides ; la réciproque ne l'est pas.
  • Distinguer nécessaire et suffisant, corrélation et causalité, les deux pièges rois.
  • Repérer les sophismes : généralisation hâtive, homme de paille, faux dilemme, appel à l'autorité.
  • Calcul sans calculatrice : arrondir pour l'ordre de grandeur, règle de trois, pourcentages qui se multiplient.
  • Barème +1/−1/3/0 : réponds si tu élimines 2 options, abstiens-toi si tu n'élimines rien.

Questions fréquentes

Qu'évalue l'épreuve de raisonnement du concours de médecine ?

Elle n'évalue aucune connaissance à apprendre, mais ta capacité à lire un document (texte, graphique, tableau), à tenir une logique et à analyser un argument. La règle d'or : répondre uniquement avec ce que dit le document, sans surinterpréter.

Quelle est la différence entre corrélation et causalité ?

Deux phénomènes qui varient ensemble sont corrélés, mais cela ne prouve pas que l'un cause l'autre : il peut y avoir une cause commune, une coïncidence ou une causalité inverse. Confondre les deux est l'un des pièges les plus fréquents de l'épreuve.

La calculatrice est-elle autorisée au concours de médecine en Belgique ?

Non, la calculatrice est interdite. Certaines questions demandent un calcul rapide : on arrondit pour l'ordre de grandeur, on utilise la règle de trois et on se souvient que les pourcentages se multiplient (une hausse de 20 % puis une baisse de 20 % ne ramène pas au départ).

Comment répondre à une question d'analyse de document ?

Lis la question avant de fouiller le document, vérifie chaque option mot à mot contre le document, et méfie-toi des mots forts (tous, toujours, donc, cause) : une seule exception rend l'affirmation fausse. Ce qui est « vrai dans la vie » mais absent du texte est un distracteur.

Entraîne-toi sur les vraies annales

Voir les examens officiels, Partie 2